:: Kogals Power :: - http://roxykawai.zeblog.com/

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Elle. Née au Vietnam. A vécu en France. Habite au Canada. Aime la culture asiatique. Adore le design graphique, la mode, les sciences humaines et la littérature. Accro aux magazines japonaises et les bons romans. Raffole de la musique française. Rêve de pouvoir voyager sans cesse. Amoureuse de la langue française. Fashionista assumée et toujours paumée. Espère que vous aimez ce qu'elle créé. Bonne visite :)

~ Amoureuse d'eux

Par Roxy Tran :: samedi 27 novembre 2010 à 22:54 :: Ici chez moi

     Rares sont les amitiés qui, dès nos premiers regards, perdurent. Avec une absence de trois mois sur le blog, je me suis donnée comme mission d'écrire un article sincère destiné à mes coups de foudre au Cégep. Ils sont pour moi d'une nécessité primaire, une sorte d'amitié mutuelle, profonde et réciproque. Ce que je ressens est grandiose, comme l'amour de Roméo pour Juliette, comme l'attachement de Mickey envers Minnie, ou comme cette folie obsessive que Tommy a envers Jerry. Ces inséparables du cinéma m'ont ouvert les yeux sur des amis qui sont devenus mes propres héros. Ils ont vécu, à leur manière, des aventures atypiques; ils ont goûté, à leur façon, aux expériences ameres de la vie. À eux seuls, ils ont rempli mes journées de rires infinis et d'instants magiques.

     Nous nous sommes nommés O.N.U (Ortho Network United). Certes, dans un temps normal, je me serais laissé tenter par une résignation contre l'anglicisme, mais drôlement, cette rage se dissipe lorsque je suis à leur côté. L'O.N.U semble incarner notre seconde famille, un lieu où nous apprenons à grandir en tant que jeunes adultes. Ils sont pour l'instant 10 à mes côtés, 10 formidables soeurs et frères qui ont su me conseiller, qui m'ont passé leurs bras lorsque j'ai froid, qui ont eu toujours un plaisir fou à m'accompagner au job ou à la banque... Oui, ces frères et ces soeurs m'offrent leur écoute quand mes
paroles coulent, me relèvent quand je tombe, me surveillent quand je suis sous l'effet du chocolat et, je l'espère profondément, corrigeront mes torts. C'est pourquoi, en cette période grise et stressante des examens finaux, je désire vous rendre cet hommage en espérant que vous aurez du plaisir à le lire comme je l'ai eu à le composer. (Les descriptions sont en ordre alphabétique, ce n'est pas en ordre de priorité ;D !)


A L E X A N D R A

Étudiante en Art
"Le sort fait les parents, le choix fait les amis" Jacque Delille
Et quel choix! Alex, l'énergie et la folie qui se dégagent en toi sont incomparables. Comment oublier tes bandes-dessinées et tes personnages quelque peu... hum... intriguants? Dommage que tu restes à Vieux-Montréal, nous espérons tous te revoir plus souvent jolie Alex. On pense tous très fort à toi et vive tes vidéos de Youtube!


C A N S U

Étudiante en Sciences Humaines (Enjeux Internationaux)
"Un ami, c'est quelqu'un qui vous connaît bien et qui
vous aime quand même" Hervé L.
Ma belle, encore nouvelle avec O.N.U sans doute, nous espérons que tu apprécieras notre présence. Quelle personnalité, j'adore ton côté féministe et humanitaire qui me rejoignent beaucoup. Sans parler de ton beau sourire qui nous réconfortent tellement. Cela ne faisait pas si longtemps qu'on se connaît, j'ai l'impression qu'on est faite pour durer.

C H A R L E S - É T I E N N E

Étudiant en Cinéma
"L'amitié ne rend pas le malheur plus léger, mais en se faisant présence et dévouement, elle permet d'en partager le poids, et ouvre les portes de l'apaisement" Tahar.B.J
Charlou! En effet, avec toi, j'ai ressenti cette légèreté. Tout est si simple et authentique à
tes côtés. J'adore te regarder rougir, j'ai l'impression d'avoir vécu à côté d'un éternel amoureux et cela me rassure qu'il en reste dans ce monde. Tes up et tes down, nous serons présents pour les régler. Cher cinéaste, nous vous souhaitons une belle carrière! Qui sait, avec ton vécu et tes sentiments débordants, tu réussiras à créer de films grandioses?

H A O   F E N G

Étudiant en Sciences Humaines (Psychologie)
"Il ne peut y avoir de réelle amitié qu'entre ceux qui ont d'abord foi
dans les mêmes valeurs" Louis Lavelle
Bel hasard de t'avoir rencontré au cégep même si tu viens de Vanier. Comme c'était dit, nous partageons des valeurs semblables et cela tout cela nous est rapproché. Nous avons découvert un homme sensible plein de
sympathie chez toi et j'espère qu'avec la joie qu'ONU puisse te transmettre, tu réussiras à percer dans le domaine de la psycho pour venir en aide d'autres personnes. Et comment oublier: un grand merci d'avoir été toujours présent dès que nous avions eu besoin.

K A R E N

Étudiante en Langues
"Le rôle d'un ami, c'est de se trouver à votre côté quand vous êtes dans l'erreur puisque tout le monde sera à côté de vous quand vous aurez raison" Mark Twain
En effet, tu as entièrement remplie le rôle, tu connais les imperfections et tu restes neutre avec cet esprit de pardon admirable. Karen, ma Unni, elle est la définition vivante du courage et de la folie. Son rire nous contamine et nous adorons ce virus. Elle a un talent fou en langue, et ma chère coréenne convertie, j'espère qu'un bel asiatique ouvrira ses yeux pour apercevoir la femme merveilleuse en toi.

M A R I S S A
Étudiante en Soins Infirmiers
"L'amitié, c'est ce qui vient au coeur quant on fait ensemble des choses belles et difficiles" Anonyme
Tu étais la première personne que j'ai rencontré dans l'ONU et je suis réellement très heureuse de t'avoir connu en philo. Je me rappelle de tes délicieux muffins et de tes petites attentions, ahh... le bon vieux temps! Je dis le vieux temps, car tu n'es plus présente aux sorties donc nous espérons que tout se passerait bien de ton côté. Tu es ravissante, j'espère que tu trouveras l'homme dont tu rêves et que tes études dans ce programme si demandant s'aboutissent à merveille. Ta gang de "BS" sera là pour toi s'il y a quoique ce soit!

O L I V I E R

Étudiant en Sciences Humaines (Psychologie)
"Voulez-vous compter vos amis ? Empruntez-leur de l'argent"
Alexandre Dumas Fils
Je ris quand je lis cette citation, car je me rappelle la première fois qu'on s'est parlé et que ta réputation de coq de luxe s'est diffusée. Tu es toujours très ouvert et généreux quand je suis dans le pétrin et je te remercie pour cette merveilleuse amitié. Nous avons le plaisir de te connaître et nous n'oublierons jamais ta face de pitié. Cher admirateur de Dalai Lama, nous espérons
que tu connaîtras (pas le nirvana en tant que tel) mais au moins le bonheur en étant avec l'ONU.

S A R A O U N I A

Étudiante en Sciences Humaines (Psychologie)
"Les peines qu'éprouvent nos amis nous affectent davantage que celles que nous éprouvons" Philippe Soupault
Ma belle Sara, un petit espace comme ce paragraphe ne suffirait pas à te décrire. Soeurette, la citation résume en partie ce que je ressens. Je te soutiendrai du mieux que je peux à tes côtés. Ta présence et ton humour nous sont vitaux et l'ONU est fier d'avoir connu une femme à la fois mature et intelligente comme toi. Tes épaules soutiennent nos peines et tes paroles nous réconfortent vraiment. Ma chère k-pop addicted, nous ne saurons passer une journée complète sans toi.
 Longue vie à notre belle Jinki!

S E O N J E O N G

Étudiante en Arts
"Nous suivons tous des chemins différents dans la vie, mais, peu importe où nous allons, nous apportons partout une petite partie de l’autre" Tim Mc Graw
Oui, je t'apporterai comme exemple. L'ONU est fier de connaître une merveilleuse femme comme toi: pouvoir conjuguer ses études et ses lourdes responsabilités avec une soeur dans un pays étranger! Nous t'admirons tous et merci d'être auprès de nous. Ta tarte aux patates douces nous réchauffe le coeur et tes petites attentions nous font beaucoup de bien. Alors oui, ta gentillesse reste incomparable tout comme tes talents artistiques.


S H O M I E

Étudiante en Sciences Humaines (Psychologie)
"Si tu vis jusqu’à cent ans, je veux vivre cent ans moins un jour, pour ne pas avoir à vivre sans toi" Winnie The Pooh
C'est réellement ce que je ressens. Ton beau sourire me réconforte et nos discussions sentimentales se font réellement très amusantes. Tes cookies nous ont rendus accros et j'adore nos séances d'étude ensemble. Économie, histoire, sociologie... que de moments agréables me viennent à l'esprit. Ma belle Chaud-Mimi, j'espère que LE gars ouvrir GRAND ses yeux de philippino pour voir à quel point il a de la chance de t'avoir.

     Un mois, c'était le temps qui m'a fallu pour vous rédiger cet article. Oui, j'ai pris des heures et des heures à penser aux citations, aux descriptions, aux photos et aux couleurs... Bref, je voulais vous concocter une petite surprise afin que la session d'examen passera plus facilement et que malgré nos absences à venir, nous nous retrouverons durant le temps des fêtes. Et si, par moments de solitude ou de désespoir, vous vous remettez en question, cet article demeure ici pour vous redonner un peu de confiance.

J e   v o u s   a i m e

~ L'accident

Par Roxy Tran :: mardi 21 septembre 2010 à 22:31 :: Ici chez moi


"Un jour, un primate s'est dressé debout sur ses jambes, libérant ainsi ses jambes et ses bras. Ce furent les premiers pas de l'humanité, les plus difficiles et les plus décisifs."

     Je me rappelle de cet accident comme si c'était hier. Le mercredi dernier, après un entrainement de badminton au cégep et après une séance d'étude en économie, je me suis dise qu'il serait grand temps de rentrer à la maison. C'était une journée froide où je ne devais pas sortir puisqu'aucun cours ne figurait sur mon horaire. Avec les amis, on s'est promené, puis on s'est quitté au métro. En descendant d'un grand escalier, j'étais persuadée que j'avais fini toutes les marches et que le sol m'attendait au prochain pas. Et puis non. Il restait encore 3 marches à franchir. Une chute considérable me paralysait la jambe gauche. J'ai entendu un craquement une fois que mon corps fût jeté sur le ciment. 

     Première réflexe: tomber sur le sac de sport. Deuxième réflexe: montée d'adrénaline, je ne ressentais plus rien au niveau de la jambe gauche. Troisième réflexe: chercher un endroit sécuritaire pour reposer la blessure. J'ai essayé de me relever en m'accrochant au mur et en trainant le sac de sport derrière moi, mais en vain, le pied gauche ne pouvait plus marcher. Le métro s'en vient, je boitais jusqu'à une siège et examinait la cheville: OUUUUUUCHhhhhhhhh! "Un ligament s'est déchiré à ce moment précis", me confiait mon médecin d'urgence. Il fallait appeler mon père à la rescousse, me donner un lift pour rentrer à la maison. Ma mère m'a examiné et croyez-moi, si une cheville réussissait à la faire crier c'est parce qu'elle doit être vachement en état de décomposition. Elle a préparé un bandage, m'a adouci avec de la glace, m'a oigni un gel anti-douleur et m'a ingéré des Advil. J'étais prête à dormir, prête à oublier cette journée... mais croyez-le ou pas, la nuit était plus longue que prévue.

     J'ai essayé de dormir. La douleur m'arrachait les membres. La blessure s'enflait, le bandage l'étouffait et les brûlures se répandissaient autour de la jambe gauche. Une irrésistible envie de couper (littéralement!) le pied m'envahi. "Non, n'y pense pas. Non, arrête, calme-toi. Non, respire" Ce refrain, je l'ai joué mille fois dans la tête. Les gouttes de sueur (de peur) couvraient mon front et les larmes commençaient à tremper...

 

"Pour la toute première fois de ma vie,
J'ai eu
réellement peur de mourir."

 

     Durant cette terrible nuit, j'ai repensé à mes proches. Bizarrement, à mes amours, à ce que j'ai fait, à ce que j'ai accompli, à ceux qui vont me manquer. Étrangement, ces réflexions ressemblaient aux confidences des dernières minutes d'une mourrante. Non, je n'allais pas mourir, loin de là. J'allais m'étouffer. Ça faisait mal à tel point qu'il fallait me recouvrir de matelas pour que les parents n'entendaient pas mes cris. Je regardais sans cesse mon téléphone portable: 1h46, 2h17, 3h02, 4h15... Et la nuit passait, comme ça, dans la douleur inhumaine et dans l'incapacité à me relever.

 

     5h du matin. Ma mère (par intuition maternelle?) se levait et venait vers mon lit. Savez-vous quels étaient ses uniques mots? "Habille-toi, on t'amène à l'urgence". Pas de discussion (oui, j'ai horreur des hôpitaux), mes parents m'ont conduit à l'urgence. En me promenant en fauteuil roulant dans les allées du hall, j'ai pu calculer 5 heures et 20 minutes d'attente !!! Une docteure venait m'examiner. Elle déclarait officiellement que j'avais une entorse au niveau de la cheville et qu'il fallait qu'on prenne des scanners au rayon X. On m'a prescrit des béquilles et des bandages. Depuis, je marche en béquilles, j'ai des bleus autour des bras et je me fatigue facilement. Mes projets de mannequinat sont remis à l'an prochain, mes rendez-vous et mes emplois annulés.

 

     Après cet accident, ma dépendance aux autres me rendait infirme. Heureusement que les amis proches du cégep sont à mes côtés parce que sinon, je ne saurais quoi faire. Il devenait alors difficile de se déplacer, de s'habiller, de se chausser et de s'asseoir. Je ne suis qu'à ma première semaine:

     2 semaines (pour m'habituer aux béquilles)

     3 semaines (pour marcher sur les orteils avec béquilles)

     4 semaines à 1 mois (pour enlever les béquilles)

     1 à 2 semaines (pour réapprendre à marcher)

     4 mois (avant d'entamer les activités sportives)

     5 mois (avant de porter des talons hauts)

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~ Le Cégep

Par Roxy Tran :: mercredi 25 août 2010 à 22:46 :: Ici chez moi

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Ma rentrée au cégep se faisait de façon précipitée et mes vacances ne duraient que 48 heures. Décevant. Par contre, mon défilé de mode atteignait mes objectifs et franchement, quel fierté d'avoir été la seule viet à monter sur un runway! Je suis heureuse, épanouie, mais surchargée. Dès la première journée de classe, j'ai 80 pages
de psychologie à étudier et plusieurs notions à retenir pour des test à venir éventuellement. Désormais, je ne pourrais rédiger des articles hebdomadairement comme ces derniers mois... il faudra s'y faire, car mon site officiel Mode-Montréal me demande beaucoup de travail (notamment la rédaction des attachés de presse et la composition des codes). L'enseignement au centre de tutorat se poursuit, de même que mon poste de caissière au restaurant. Ma fatigue m'ampute et j'ai raison, croyez-moi, à croire que l'écriture de mes prochains articles ne soit pas à la hauteur des sujets de tendances alors je limiterai quelques notions concernant la mode. En espérant que Zeblog ne supprime pas mon compte au cas où mon absence perdure, bonne rentrée à tous!

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~ Retrouvailles d'été

Par Roxy Tran :: mardi 03 août 2010 à 13:15 :: Ici chez moi

Qui aurait cru que nous allons nous tenir ensemble pendant plus de 3 ans? Après un camp intensif en anglais au collège Vanier de quelques mois, Amélie, Yang Yang et moi sommes liées d'amitié. C'était, comme on dit, de vraies rencontres. Même si nous nous voyons seulement quelques fois par année, chaque rendez-vous était une véritable perle rare. Cet été, nous avons fait un photoshoot ensemble au Vieux-Port avec le nouvel appareil photo de Yaya. On a découvert les "skills" de photographie d'Amélie :) De pur plaisir en images!















 



~ J'ai pleuré de joie

Par Roxy Tran :: mardi 13 juillet 2010 à 21:33 :: Moi.Mes pensées

 
C'était hier, le 12 juillet, que j'ai finalement compris l'expression "pleurer de joie". Après une semaine d'attente à la suite des auditions de mannequins, j'ai reçu un message dans ma boîte Hotmail venant de l'agence New Era Fashion avec FashioNation. Je me préparais à lire un message d'échec, un genre de paragraphe disant subtilement que je n'étais pas faite pour défiler ou pour montrer les créations des designers... mais j'étais COMPLÈTEMENT dans le champ. Mes yeux s'éblouissent: "Félicitations, vous avez passé la dernière étape des sélections. Vous faites officiellement partie des mannequins pour le défilé d'EddyNPizzle en collaboration avec l'agence New Era Fashion"! N'étant pas certaine, j'ai relu le message d'environ 6 fois. Rassurée que les organisateurs ne s'étaient pas trompé sur la personne, j'ai commencé à gigoter sur place, à courir dans la maison et crier comme une dingue. J'ai croisé ma petite soeur durant mon marathon domestique et j'ai crié, à chaudes larmes: "Je suis acceptée! Ça y est! Je peux défiler pour la marque d'EddyNpizzle!" Enfin. La fierté d'accomplir, la joie d'être acceptée malgré mes défauts et la satisfaction du travail sur soi-même m'ont permis à mieux me connaître. Sur le runway, il ne suffit pas d'être belle ou d'être grande. Il faut savoir "marcher droit devant" avec un regard insoumis, d'être fier et confiant en sa démarche et ses vêtements, puis surtout d'aimer son corps et l'accepter tel qu'il est. Après tout, lorsqu'on se sent bien dans notre peau, la beauté nous viendra.

Je l'avoue, ça fait beaucoup pour des vacances de 2 mois. Présentement, mes emplois se résument à être tutrice, rédactrice, créatrice, caissière et mannequin. Impressionnant? Et pourtant. Je n'ai pas l'impression que ma famille me comprenne et sache partager mon contentement. Selon papa, la mode est un univers dangereux, rempli de violeurs, drogués et prostitués. Pour maman, la mode est un plate-forme superficiel qu'on n'a pas à en être fier. J'aurais aimé leur crier qu'il y a des parents qui auront aimé que je sois leur fille... Mais ça ne sort pas. Ils critiquent et ne comprennent jamais. Y-a-t-il un jour dans leur vie qu'ils m'ont demandé: "Pourquoi aimes-tu la mode? Comment es-tu arrivée là? Quels sont les designers avec qui travailles-tu? Je peux les connaître, moi aussi? Quel est ton but noble derrière tout ça?..." J'aurais aimé qu'ils me les posent. J'aurais aimé les répondre: J'ai perdu toute mon enfance à être la laideur incarnée, coincée et constipée sur un lit d'hôpital. Les varicelles me rongeaient, ma mère travaillait dur pour me traiter et heureusement qu'elle a réussi. Ma propre graisse ne me supportait plus, j'étais grosse, petite, avec un seul objet tendance sur soi: des lunettes. À vrai dire, maman a payé des lunettes épaisses de myopie, alors sexy ou pas, à vous de décider. À l'école primaire, les seuls garçons qui osaient me regarder étaient soit des rebelles, soit des tables-uniques (communément appelés OBÈSES). Je me détestais. Mais j'ai appris à m'aimer en jouant au Barbie. Papa travaille toujours à l'étranger à l'époque et m'offre des Barbies en cadeau lors de son retour. Les yeux bleus, la chevelure blonde, la peau parfaite, les vêtements tendances avec des chaussures hyper colorés, un copain craquant... bref, les Barbies incarnaient les femmes dont je voulais devenir. Avec des poupées, j'ai réussi à être une princesse le lundi, une belle maman le mardi ou une sexy sportive le mercredi... Je parlais avec elles et je me sentais heureuse. Je pouvait être belle à ma manière. En m'habillant, en créant des vêtements sur du carton, en m'enveloppant dans une serviette Mickey Mouse Made In China, je me sentais jolie. Alors un beau matin, en changeant les vêtements de mes Barbies, je me suis demandée s'il existait un métier que je pourrais rendre les gens heureux en leur dessinant des vêtements, en leur conseillant sur la mode pour qu'ils se sentent encore plus beaux... ça serait chouette, non? Et cinq ans plus tard, j'ai découvert le stylisme et l'univers magique de la mode.

Je me renseigne, j'étudie et je dévore chaque détails touchant aux marques de vêtements, aux tendances ou aux cultures de mode étrangères. J'ai compris que la beauté va de pair avec la maturité, que la confiance en soi doit se conjuguer avec sa confiance dans ses vêtements. Dommage, l'art de la mode est souvent incompris par faute de concurrence, de beauté plastique recherchée, de média mal informé et de public non aguerri. C'est pourquoi, ce jour-là, marcher sur un runway était aussi révélateur qu'essentiel pour comprendre cette philosophie. Se tenir debout, marcher, regarder droit devant, prendre son temps... ne sont-elles pas là, les valeures de notre humanité moderne? J'aimerais que mes parents puissent comprendre cela un jour. C'est quand même grâce à eux.